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L’autonomie maximale d’un véhicule électrique reste encore la principale appréhension des gestionnaires de Flottes Automobiles (GFA). Elle engendre, à juste titre, un frein à l’achat, malgré les avantages incontestables des VE. C’est pourquoi il est nécessaire de comprendre les notions d’autonomie maximale disponible et d’autonomie quotidienne maximale d’un véhicule. Il faut aussi bien expliquer aux conducteurs ce qui affecte fortement l’autonomie réelle. Une formation même quand les véhicules sont achetés peut s’avérer utile. D’autant qu’elle peut être gratuite !

Chaque GFA se doit donc de se poser certaines questions afin de choisir le véhicule électrique réellement adapté à l’activité de l’entreprise.

D’abord, définir clairement votre besoin. Avez-vous besoin d’un véhicule électrique dont l’autonomie est supérieure à 320 km ? Une batterie dont l’autonomie est inférieure serait-elle suffisante ? La conversion à l’électrique partielle avec un véhicule hybride rechargeable (ou non) n’est-elle pas préférable, étant donné que vous parcourez parfois plus de 600 km en une journée ?

Il est judicieux de se poser, d’échanger librement avec les parties prenantes et ne pas se laisser tenter parce que d’est dans « l’air du temps ». Ne vous trompez pas. Ce genre d’erreurs se paie au comptant.

De plus, il faut prendre en considération le fait qu’une autonomie insuffisante oblige les véhicules à revenir à une base pour recharger la batterie. Ce qui représente pour les flottes une perte de temps et d’argent. Cette inquiétude était justifiée il y a quelques années, lorsque le kilométrage maximal estimé des véhicules électriques étaient largement exagérés. C’est moins le cas de nos jours. Rappelons tout de même qu’un constructeur vient décider à jouer la totale transparence concernant les consommations de ses deux modèles hybrides rechargeables ! Les « nouvelles »  consommations annoncées sont bien différentes des premières. Son petit SUV était crédité d’une consommation moyenne de 1,4 l/100 km pour 32 g/km de CO2 Il voit désormais ses consommations « grimper » à 7,0 l/100 km et 163 g/km s’il n’est pas régulièrement chargé. Le deuxième modèle, plus imposant, plus lourd et plus puissant revendique une fourchette de consommation comprise entre » 3,1 et 10,4 l/100 km et entre 71 et 237 g/km de CO2. Excusez un peu.

Grâce aux nouvelles générations de batteries, les fabricants de véhicules électriques ont augmenté l’autonomie des leurs modèles. De nombreux véhicules légers sont maintenant capables de parcourir jusqu’à 480 km avec une seule charge. Malgré ces progrès, l’anxiété liée à l’autonomie du véhicule est souvent citée comme l’une des principales raisons qui freine la transition des flottes à l’électrique.

Pourquoi cette inquiétude persiste-t-elle ?

Parce que le facteur humain et les capacités techniques réelles des batteries, en conditions normales de conduite,  sont souvent sous-estimés lors de l’achat. Les autonomies annoncées sont souvent difficiles à atteindre parce que conduire un véhicule électrique n’est pas chose aisée et que beaucoup de facteurs affectent le kilométrage potentiel. Selon le type de conduite, la vitesse, le froid, la climatisation, le chauffage ou les éléments de confort, les autonomies annoncées peuvent en effet grandement se réduire. Une conduite adaptée à l’optimisation de la batterie s’apprend. En effet la récupération de l’énergie au freinage est facteur permettant de rouler plus longtemps. Concrètement, quand vous freinez la voiture va utiliser l’énergie de la voiture pour produire de l’électricité et recharger la batterie. Mais, les trajets sur nationales et, a fortiori, sur autoroutes ne rendent pas aisée la récupération de l’énergie. Pensez-y avant de vous plaindre !

Le mieux est de faire tester par vos collaborateurs « avant l’achat » et dans les conditions réelles de circulation, le modèle qui vous tente. En incluant dans le test des conducteurs dont le kilométrage usuel varie beaucoup. Les GFA réalistes savent qu’il faut toujours s’orienter vers un modèle possédant une autonomie double par rapport au nombre de kilomètres que l’on réalise au quotidien. Sinon, on se dirige tout droit vers des surprises douloureuses !

Force est de constater que nous assistons aujourd’hui à un certain nombre de déconvenues liées à l’ignorance de ces faits.

Un dernier conseil : faites vous conseiller par un expert indépendant ! Pour une somme modique, et parfois même gratuitement, vous éviterez bien des écueils. L’électrique, ce n’est pas de la « Taille Unique ». Chaque entreprise présente des caractéristiques propres. En tenir compte éviter de transformer en fiasco, ce qui est une excellente initiative si elle est bien menée.